mercredi 25 décembre 2013
dimanche 17 novembre 2013
lundi 4 novembre 2013
dimanche 3 novembre 2013
Du sport en famille...
Ce
dimanche, après une beaucoup trop courte nuit, je prends ma voiture
pour me rendre à Marche-en -Famenne afin de courir les 20 km des
Ardennes.
Durant
ce long trajet sous la pluie, je me pose mille questions, je remets
en cause le bien-fondé de cette course. En effet, j'ai commencé à
courir il y a tout juste 2 mois. N'est-ce pas du suicide que d'aller
parcourir cette distance aussi rapidement? La tempête et la pluie
annoncée ne m'encouragent pas.
Perdue dans
mes pensée, ma playlist joue November
Rain... Nothing
lasts forever, even cold November Rain...
J'avoue que j'ai un peu peur que
cette froide pluie de novembre ne me décourage totalement!
Alors
je mets ma radio préférée, et là, mystère du hasard... Sophie
Hunger chante de sa douce voix Le
vent nous portera. Je n'écoute plus les paroles, je me remets à
penser, Peut-être que le vent me portera... peut-être que je peux y
arriver quelles que soient les conditions
climatiques, l'espoir revient
petit à petit...
Arrivée
sur place, je retire mon dossard et retrouve mes parents, l'ambiance
est sportive et bon enfant. A l'intérieur du palais des expositions,
nous regardons les autres coureurs, cherchons des têtes connues,
pour finalement croiser Stéphane et Zgoudi des amis avec qui Big Jim
a l'habitude de courir.
Zgoudi
a déjà couru un marathon et elle me dit que c'est dingue que je
m'inscrive à un 20 km aussi vite après avoir commencé le jogging.
Cela ne me rassure pas. Je souris et essaie de
penser à autre chose.
Quoi
qu'il en soit, je me sais capable de courir 10 km, peut-être 12 voir
15... le reste je le ferai en marchant. Mon objectif étant surtout
de mesurer ce que représente une telle distance, pour ne pas être
prise au dépourvu le 3 mars, quand je ferai le semi marathon de
Paris, mon vrai objectif à ce jour.
Tout
le monde se dirige vers le départ, je suis aux côtés de papa, qui
me donne ses dernières recommandations. On détermine que je devrais
prendre environ entre 2h20 et 2h30 pour boucler la course. On règle
nos montres... Go C'est parti. On se souhaite bonne chance et on se
quitte après un regard bienveillant.
La
pluie a cessé, je suis extrêmement reconnaissante à
Monsieur Météo de me laisser démarrer au sec!
Les
3 premiers km passent sans que je m'en aperçoive. Je me fait
dépasser par beaucoup de monde. Je croise un enfant handicapé sur
une chaise adaptée, poussée par 4 coureurs, j'ai les larmes
aux yeux. Un trop plein d'émotion à évacuer.
Papa
m'avait annoncé un parcours plat et sans difficultés, pourtant ça
monte, très fort même, longtemps aussi.
Je
vois les kilomètres défiler, les côtes n'en finissent pas. Mon
regard s'accroche au tee shirt devant moi, je suis étonnamment bien.
Je prends même du plaisir à être là et à
courir. En fait, je ne me rends pas vraiment compte que je cours.
Je profite, des paysages ardennais, des gens autours de
moi, de la musique dans mes oreilles. J'ai gravi une côte à côté
d'un père avec une poussette, l'enfant paraissait se plaire dans une
telle course. J'ai croisé des bénévoles qui nous ravitaillent avec
le sourire malgré le vent, des inconnus qui nous encouragent juste
par sympathie.
Passé
le 10ème km à 1h04, je décide que le plus difficile est derrière
moi, maintenant, cela devrait descendre. Je commence à calculer: si
je fais le reste en marchant à du 6km/h, j'arrive trop tard... mais
si je continue à 7min au km (qui est bien en deçà de ma vitesse
actuelle) je dépasse mon objectif... je referai ce calcul à chaque
nouveau km parcouru. Quoi qu'il en soit, je me dis que je continue à
courir tant que j'y prends du plaisir, dès que ça ne sera plus le
cas, je marche... Et je lâche prise...
Du
11ème au 14ème, ce n'est qu'une longue descente, ça roule... j'en
profite même pour rassurer maman et Math en leur
envoyant un petit SMS "suis au 12ème, jusqu'ici tout va bien".
Et là, je me remémore La Haine L'important c'est pas la
chute... c'est l'atterrissage...
Au
15ème, il commence à pleuvoir, cette fameuse "froide pluie de
novembre" qui vous mouille jusqu'aux os. Je pense à papa qui
doit probablement terminer maintenant. Il aura fait toute la course
au sec.
ça
recommence à monter un peu. Une phrase de Fight Club résonne dans
ma tête "Et alors, il s'est passé quelque chose. Je me
suis laissé allé dans un total oubli de moi-même, envahi par la
nuit, le silence et la plénitude. J'avais trouvé la liberté"
Mes
genoux commencent à souffrir, mais je me sens bien. Ma montre est
mon amie, je constate que je suis constante, mes calculs
recommencent, je devrais pouvoir y arriver en moins de 2h20
finalement... Sauf que tout le monde m'a dit que c'est après le
15eme qu'on commence à avoir du mal... Let's continue...
Sur
le bord de la route, un petit garçon me félicite, il a
les mêmes chaussures que William... Mon Willou, il sera
tellement content si je lui ramène une médaille!
Je me demande ce qu'il fait, si Jules est à la sieste et si ils me
laisseront me reposer un peu quand je rentrerai. Je me sens bien, je
fais ce que j'avais décidé de faire et tout a l'air de se mettre en
place pour que j'y parvienne. Et les km continuent à passer...16,
17... Mes genoux vont mieux. 18... peut-être parviendrais-je à
terminer en moins de 2h15... J'augmente la cadence, la pluie aussi.
19, je vois le WEX au loin, je n'y crois pas... J'accélère encore
un peu, juste avant l'arrivée, je vois maman qui m'attend! Elle me
fait de grands signes, prends une photo, souri, et ses yeux
s'embuent un peu.
2h06
à ma montre (2h08 au chrono officiel). Je suis fière de
moi!
Je
cherche papa, ne le trouve pas... Finalement, il m'attendait près de
la ligne d'arrivée, mais un quart d'heure trop tard. Je sens aussi
de la fierté dans son regard. Il me félicite, me
dit qu'il est désolé car il pensait vraiment qu'il
n'y aurait pas de dénivelé, que le parcours était beaucoup plus
difficile qu'il ne l'imaginait. ça m'est égal, j'ai réussi, et je
n'ai pas l'impression d'être au bout de ma vie.
Aujourd'hui,
nous n'avons pas couru l'un à côté de l'autre (il a terminé en
1h45) mais nous avons couru ensemble. Nous avons partagé ce sport et
le bien-être qui l'accompagne.
J'ai
compris que le Jogging, ce n'est pas seulement de la technique et de
l'entrainement, c'est surtout beaucoup d'émotions!
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