mardi 24 mai 2011

C'était il y a un mois...

Premier regard.


On ne sait jamais à quoi s'attendre, on ne sait jamais comment on va le vivre.

On s'y prépare à sa manière, on souffle, on s'entraine, on visualise des bougies à éteindre. On en discute avec des amis, de la famille, on prend des conseils auprès des gens avisés. On prend des bains chauds. On lit encore et encore des témoignages d'autres, on pleure (bien sur, on est enceinte), on rit, on s'interroge, et on a, quand même, une angoisse au fond de nous.


On attend avec impatience (mais depuis neuf mois quand même!), on aimerait qu'il soit déjà arrivé, et en même temps, on aimerait le garder au chaud encore un peu, le sentir bouger à l'intérieur de soi quelques jours encore.

On voudrait le tenir contre nous, on voudrait voir à quoi il ressemble. On voudrait être une autre, on voudrait déjà être celle qu'au fond, on est depuis neuf mois: Sa mère.



Et puis il y a ce jour, ce soir, ou cette nuit...

Il y a ces moments que nous n'oublierons jamais. Il y a cette date qui devient notre code secret. Il y a ces instant qui resteront gravés à tout jamais. Il y a ces minutes qui resteront!


Il y a la douleur, il y a l'épuisement, il y a le chamboulement. Il y a le "je ne pensais pas que ça serait ça". Plus le temps de ne pas se sentir prête.

Il y a tout ce qui revient et qui nous submèrge.



Il y a ce moment, cette seconde où le temps se suspend, cette petite boule qui sort de nous et qu'on nous présente. Ce soulagement et cette crainte. Cet achèvement et ce nouveau départ.


Il y a ces petits yeux qui se posent sur nous. Qui ont tout a apprendre. Qui ont tout a voir.

Il y a ces petits yeux qui nous reconnaissent.



Être mère, envelopper ce petit corps, le tenir tout contre et savoir que dorénavant, peu nous importe le reste.

Devenir mère, et le re-devenir, en découvrant ce nouveau regard, cette nouvelle tendresse, cette nouvelle douceur, et cet amour qui se multiplie au lieu de se diviser.

Devenir mère et savoir que tout change en une seconde.

Devenir mère et savoir que rien ne comptera jamais autant.